
méditation
"Nous tenons à la main ces rameaux pour acclamer
le triomphe du Christ. Pour que nous portions en lui des
fruits qui te rendent gloire, donne-nous de vivre comme lui
en faisant le bien." (prière de la bénédiction
des rameaux)
Il y aura beaucoup de monde aujourd'hui dans nos églises.
Il y aura même beaucoup de gens pour se trouver aux
portes afin de vendre quelques branches de buis. Je sais
bien, Seigneur, que cela déplaît à tels
ou tels chrétiens quelque peu puritains ou rigoristes
qui voudraient une manifestation plus dépouillée
de tous ces gestes religieux.
L'an dernier, j'ai questionné ces "vendeurs
non officiels". L'un d'eux m'a répondu qu'ainsi
il n'avait pas à mendier et que tout compte fait (et
pas seulement financier), il se sentait un peu de la fête.
Ce jour-là, à Jérusalem, il y eût
tout autant d'ambiguité. La foule était heureuse,
chaleureuse. Elle se retournera quelques jours plus tard.
Les disciples voyaient enfin l'accomplissement de ce qu'ils
espéraient. Jésus va inaugurer son Royaume,
leur royaume.
Jésus, tu savais bien que toute cette fête
se déroulait dans un malentendu. Ton royaume n'est
pas de ce monde. Tu seras abandonné, sauf par ta mère,
quelques femmes et saint Jean. Le centurion comme le bon
larron le découvriront dans le dénuement de
la croix.
Seigneur, donne-moi de t'accueillir sans ambiguïté,
dans l'acceptation de ce que tu me demandes de vivre avec
toi et comme toi.
Il y a des jours de fête, il y a des jours de solitude.
Il n'y a de définitif que l'amour.
C'est vrai que le désir de l'amour, c'est la durée,
parce que c'est le vrai désir de l'être. Mais
le désir de l'être, c'est Dieu, quoi qu'il en
coûte. Et tu me l'as dit de maintes manières
: il est impossible de se tourner vers Dieu sans accueillir
ce qu'il me demande, oui, quoi qu'il en coûte.
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